Quand on vit avec l’endométriose, trouver une manière de bouger qui respecte les douleurs et la fatigue peut être difficile. Le yoga doux peut offrir un espace pour ralentir, explorer des mouvements confortables et porter attention à sa respiration. Certaines recherches suggèrent des bénéfices possibles sur les douleurs pelviennes et la qualité de vie, sans faire du yoga un traitement de la maladie.
Je te propose ici trois repères scientifiques pour comprendre ce que l’on sait, puis une pratique guidée à essayer à ton rythme, en complément de ton suivi médical.
Yoga et endométriose : trois informations scientifiques
1. Un petit essai a observé une diminution des douleurs pelviennes
Dans un essai contrôlé publié en 2017, Gonçalves et ses collaborateurs ont réparti 40 femmes atteintes d’endométriose entre un groupe yoga et un groupe témoin. Le programme comprenait deux séances de 90 minutes par semaine pendant huit semaines. Les douleurs quotidiennes rapportées étaient plus faibles dans le groupe yoga que dans le groupe témoin. [1]
C’est un résultat encourageant, mais l’effectif est réduit et le suivi court. Il ne permet pas de garantir un bénéfice pour chaque personne ni de transposer ce résultat à une séance courte en ligne.
2. Les bénéfices étudiés concernent aussi la qualité de vie
Dans ce même essai, les chercheurs ont utilisé l’EHP-30, un questionnaire spécifique à l’endométriose. Plusieurs dimensions ont évolué plus favorablement dans le groupe yoga, notamment celles liées à la douleur, au sentiment d’impuissance et au bien-être émotionnel. La qualité de vie s’est aussi améliorée dans le groupe témoin sur la période étudiée. [1]
La question ne se limite donc pas à l’intensité d’une douleur : le vécu quotidien compte également. Cette étude ne démontre toutefois ni une disparition des lésions ni une guérison de l’endométriose.
3. La respiration et l’écoute de soi sont des pistes rapportées par les participantes
Une étude qualitative menée parallèlement à un essai clinique a recueilli les témoignages de 15 femmes après huit semaines de yoga. Les participantes décrivaient notamment un rôle de la respiration dans leur manière de faire face à la douleur, ainsi qu’une meilleure connaissance d’elles-mêmes et davantage d’autonomie dans le soin de soi. [2]
Ces entretiens éclairent l’expérience vécue ; ils ne prouvent pas que la respiration agit seule sur la douleur. Ils ne constituent pas non plus une confirmation indépendante de l’essai présenté plus haut. La pratique en groupe et le soutien reçu peuvent aussi participer à cette expérience.
Quelle place donner au yoga dans la prise en charge ?
Les recommandations européennes de l’ESHRE de 2022 invitent à discuter des approches non médicamenteuses pour le bien-être et la qualité de vie. Elles ne permettent cependant pas de recommander une intervention particulière, dont l’exercice, pour réduire les douleurs d’endométriose : les bénéfices et les risques restent insuffisamment établis. [3]
Le yoga peut ainsi être une possibilité à explorer si elle te convient, avec ton équipe soignante. Il ne remplace pas les traitements prescrits. Ne pas ressentir de soulagement ne signifie pas que tu pratiques mal : la douleur n’est pas un échec personnel et tu n’as rien à prouver sur le tapis.
Comment aborder une pratique douce les jours sensibles ?
Avant de commencer, prends un instant pour te demander ce qui te semble accessible aujourd’hui. Tu peux préparer une couverture et des coussins pour trouver des appuis confortables. Garde une respiration naturelle, réduis l’amplitude des mouvements et passe toute posture qui augmente les symptômes.
Tu peux arrêter après quelques minutes, te reposer ou choisir de ne pas pratiquer. Il n’est pas nécessaire d’étirer intensément le ventre ou le bassin pour que ce moment ait de la valeur. Si tu as été opérée récemment ou si tu as reçu des consignes particulières, demande un avis adapté avant de suivre une séance.
Une douleur brutale, inhabituelle ou nettement différente de tes symptômes habituels justifie un avis médical rapide, plutôt qu’une tentative de la faire passer par le yoga.
Essaie ma routine douce de yoga pour l’endométriose
Si tu te sens disponible pour une pratique, installe-toi et lance la vidéo ci-dessous. Autorise-toi à adapter chaque proposition. L’intention est de chercher un peu de confort et un temps d’écoute, sans objectif de performance ni promesse de disparition de la douleur.
Cette vidéo ne reproduit pas le programme étudié dans l’essai clinique. Après la pratique, observe simplement ton état : qu’est-ce qui t’a convenu ? Qu’aimerais-tu adapter la prochaine fois ? Tes sensations peuvent changer d’un jour à l’autre.
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Anaïs Morlot · Professeure de yoga, formée à Rishikesh en 2016 · Jour1Yoga.
Sources scientifiques
[1] Gonçalves A. V., Barros N. F., Bahamondes L. The Practice of Hatha Yoga for the Treatment of Pain Associated with Endometriosis. Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2017 ; 23(1) : 45–52. DOI : 10.1089/acm.2015.0343.
[2] Gonçalves A. V. et collaborateurs. A Qualitative Study on the Practice of Yoga for Women with Pain-Associated Endometriosis. Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2016 ; 22(12) : 977–982. DOI : 10.1089/acm.2016.0021.
[3] Becker C. M. et collaborateurs. ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open, 2022 ; 2022(2) : hoac009. DOI : 10.1093/hropen/hoac009. Section consacrée aux stratégies non médicales pour la douleur et la qualité de vie.
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